A l'occasion de la sortie aux USA du film le plus attendu de l'été, voici une vieille citation de
Lore Sjöberg qui a eu un effet dévastateur sur mon sens de l'humour tordu:
I was really hoping that Snakes on a Plane would be a blockbuster, simply because I think there aren't enough action movies aimed at topologists. I was hoping it would be followed up by such sure-fire hits as Snakes on a Sphere, Snakes on a Torus, and the mind-bending thrills of Snakes on a Möbius Strip.
Then I saw the trailer.
Dammit.
Edward Clare est premier ministre de la Grande Bretagne depuis cinq ans et la sympathie du public est en train de se détourner de lui. Trop de pression, trop de responsabilités - en voulant trouver un compromis idéal pour tout le monde, il finit par ne plus prendre position du tout. Le peuple lui reproche d'avoir perdu contact avec les réalités du quotidien et le premier ministre a tendance à acquiescer quand il réalise qu'il ne sait même plus le prix du lait. Il décide alors de partir à la redécouverte de son pays, en talons aiguilles et accompagné d'un garde du corps trouvé pour l'occasion... Au cours de son voyage, le premier ministre fait l'expérience des chemins de fer qui ne sont jamais à l'heure, des hôpitaux où il faut se battre pour avoir un moniteur cardiaque pour plus que dix minutes, des maisons de retraite qui se transforment en cliniques de beauté et de tous les autres problèmes 'typiquement britanniques' qu'Euronews nous raconte avec tant de délectation jour après jour. Il découvre aussi des choses surprenantes à propos de sa défunte mère et que les perruques à la Marilyn Monroe lui vont bien, avant de devenir l'heureux propriétaire d'un canari stone, voir la mort en face et revenir à la vie normale...
Number Ten ne serait pas un livre de Sue Townsend s'il ne parlait pas de problèmes sociaux, mais ce ne serait pas un livre de Sue Townsend non plus s'il ne le faisait pas d'une manière à arracher des rires même aux lecteurs les plus émus par l'histoire de Toyota qui, comme son nom ne l'indique certainement pas, est en fait une jeune maman sans emploi.
Je ne sais pas exactement quoi penser de ce livre. Le défi était ambitieux, faire un livre humoristique tout en abordant une bonne douzaine de sujets plus déprimants les uns que les autres à travers les péripéties du premier ministre qui, Dieu merci, ressemble comme deux gouttes d'eau à Tony Blair mais l'auteur s'en est assez bien tirée. Le livre reste drôle, même s'il est difficilement comparable aux journaux intimes d'Adrian Mole et même si l'humour sert plus à faire avaler la pilule amère qu'à nous fournir un divertissement léger. Par endroits, je riais aux éclats, ce qui m'arrive assez rarement quand je lis... En même temps, j'aurais préféré ne pas avoir cette sensation d'être frappée avec une massue sur la tête tout le long du livre qui aurait gagné en impact en voulant moins être 'Le Livre Qui Va Changer La Face De La Grande Bretagne'.
Ou c'est juste que je ne me sens pas concernée parce que chez nous les trains sont à l'heure.
Kafelnikov, c'était le héros de mon adolescence. L'homme pour qui je me levais à une heure du matin pour regarder ses matchs à l'Open d'Australie, l'homme dont le nom décorait mes cahiers et les affiches les murs de ma chambre, ainsi que pendant une brève période de superstition l'homme pour qui je faisais du repassage devant la télé à chaque fois qu'il jouait.
Kafelnikov n'était de loin pas parfait, mais une des choses que j'aimais le plus chez lui, c'était son imprévisibilité. Au début, ça se résumait à des hauts et des bas qui se suivaient de près. Gagner une finale contre Agassi et une semaine plus tard perdre au premier tour contre Tabara, 215e mondial, personne n'avait réussi à enchîner exploits et sorties par une toute petite porte à une vitesse pareille. Ensuite, c'était l'époque des déclaration de presse ahurrissantes, comme ce fameux weekend de Coupe Davis contre l'Australie où il avait promis de "donner une leçon" à Hewitt (un quasi-inconnu à l'époque) avant de perdre lamentablement ses deux simples et se faire attaquer par une horde de fans australiens en colère, armée de patates. Son côté bad boy me faisait sourire, je le considérais avec le genre d'indulgence qu'on réserve à des petits bouts de choux trop mignons et certains artistes excentriques. Je l'identifiais, bien sûr, à cette deuxième catégorie, et en un sens, j'avais raison. A une époque où le tennis était dominé par des gros bras comme Agassi ou Philippoussis, avant que quiconque entende parler d'un certain jeune Suisse qui n'avait même pas encore gagné son premier tournoi challenger à l'époque, Kafelnikov a réussi à bâtir un jeu de fond de court intelligent, basé plus sur la stratégie que sur la force brute et j'étais en admiration devant lui. Sa fin de carrière décevante (des rumeurs de dopage (j'y crois pas), des rumeurs de matchs truqués (c'est plausible), son comportement gonflant à la finale de Coupe Davis en 2002 où il a réussi à se mettre en avant lors de la célébration sans avoir joué du tout) n'a pas ébranlé ma loyauté envers lui. Kafelnikov, c'était une histoire d'amour que je continuais à chérir dans un coin enfoui de ma mémoire.
Puis aujourd'hui, j'ai trouvé
ceci. Je suis triste, au fond de moi j'aurais préféré ne jamais avoir de confirmation de tout le mal qu'on disait de lui ces récentes années. Je voulais avoir mon héros à moi. Et maintenant que j'en ai laissé une trace écrite, je peux de nouveau effacer cette information de ma tête. Je ne me souviendrai désormais que de son revers époustouflant et de son sourire désarmant. Si par hasard la police lui met la main dessus, soyez sympa et cachez cette nouvelle de ma vue.
Je n'ai aucune idée si j'ai le droit de copier ces images, mais j'ai suivi avec intérêt le premier tour du concours du site de la BBC 'Photographer of the year'. Le thème abordé était l'abri, voici les trois photos gagnantes :



Je crois avoir voté pour la troisième photo. Comme quoi mes goûts sont tout à fait dans la norme, mais avec la troisième place je m'assure tout de même d'une non-appartenance à la majorité dominante. Ce serait, avouons-le, une grave atteinte à mon solipsisme. Quoi, vous savez pas ce que ça veut dire? Faut suivre un peu...
Le groupe allemand Alphaville, sombré dans l'obscurité il y a deux bonnes décennies, a tout de même réussi à laisser son empreinte sur le monde musical en composant et chantant
Forever Young. Comme c'est un peu les deux seuls mots composant le refrain, vous devez savoir de quoi je parle. C'est une chanson écrite dans les années 80, hantée par l'expérience de la Guerre Froide et de son influence sur les jeunes de l'époque :
Let’s dance in style, lets dance for a while Heaven can wait we’re only watching the skies Hoping for the best but expecting the worst Are you going to drop the bomb or not? Let us die young or let us live forever We don’t have the power but we never say never Sitting in a sandpit, life is a short trip The music’s for the sad men Can you imagine when this race is won Turn our golden faces into the sun Praising our leaders we’re getting in tune The music’s played by the madmen Forever young, I want to be forever young Do you really want to live forever, forever and ever
Bon ce n'est pas mon intention de lui attribuer trop de signification, son premier but étant clairement de permettre à toute une génération de peloter l'être élu tranquillement sur une piste de danse, mais je la trouve très touchante tout de même. Je l'ai redécouvert grâce à la reprise de Youth Group, rendue mondialement connue par sa présence sur la compil' de légende 'Music from the O.C. mix 5'.
Je n'ai pas encore encore décidé si c'est une bonne chose si une série que je déteste de tout mon coeur fait de la pub pour mes artistes préférés (parce qu'il faut malheureusement reconnaître qu'ils ont de bons goûts musicaux... ça m'a presque convaincu qu'ils font exprès d'inventer des scénarios aussi improbables. presque). En tout cas, quand j'ai lu sur
www.songmeanings.net que cette chanson décrivait parfaitement la relation de Ryan et Marissa (mais si, vous les connaissez sûrement vous aussi), j'étais un peu déçue. Je préfère imaginer que je vis pendant la Guerre Froide que de m'identifier à eux - cerait-ce un premier pas hésitant de ma part vers l'autre côté du fossé générationnel?
C'est un des livres les mieux écrits que je j'ai eu l'occasion de lire ces derniers temps, mais aussi un des plus difficiles. Il ne s'agit pas seulement des mots inconnus, mais aussi de la structure (j'ai découvert que China Miéville était économiste... vu le style, je ne suis pas du tout surprise) qui demande une attention particulière. J'avance donc assez lentement, mais je me vois récompensée par la découverte de l'univers fantastique et minutieusement détaillé que Miéville nous offre.
Voici la suite des mots inconnus que j'ai découvert en lisant la suite. J'ai hésité à mettre aussi leur signification avec, mais comme pour l'instant je suis la seule à être au courant de l'existence de ce blog et très vraisemblablement la seule lectrice, la peine paraissait un peu superflue. Et puis même si vous êtes aussi peu cultivés que moi, vous devez sûrement être en possession d'un dictionnaire...
éventaire
mercantile
prophylaxie
purulence
épigone
chapardage
conspuer (
manifester publiquement son hostilité, son mépris envers qn - je l'avais déjà oublié)
éructation
syncrétisme
ostentation
tesson
venelle
attenant
nodosité
imprécation (
malédiction lancée contre qn)
solipsisme
prurit
atrabilaire
guilleret
prosélyte
saumâtre
opprobre (
déshonneur infligé publiquement; jeter l'opprobre sur qn; vivre dans l'opprobre)
cloaque
Mon bras foulé me fait mal d'avoir soulevé le dictionnaire aussi souvent.
Maintenant je sais au moins comment c'est de se sentir martyr du savoir.
Vague de chaleur, mais quelle vague de chaleur? En effet depuis plusieurs semaines il fait moins de vingt degrés chez nous. Par conséquent, dans un élan de mécontentement éternel, je commence déjà à me rappeler avec nostalgie de la canicule du mois de juillet.
Cette photo résume parfaitement tout ce que j'aime dans l'été et m'épargnera de devoir l'expliquer avec mes mots mal ajustés. Dire qu'il y a une année j'avais encore toute une théorie élaborée (et utilisant plein de mots scientifiques, probablement le seul moment de ma vie où je me suis servie de mes cours de physique) sur les avantages de l'hiver par rapport aux mois de chaleur... Parfois ça fait tout de même plaisir de grandir un peu.
Aujourd'hui j'ai commencé la lecture de
Perdido Street Station de China Miéville. Vous connaissez? Moi non plus, jusqu'à il y a quelques jours et une recommendation très enthousiaste. Pour l'instant je n'ai lu que l'introduction, mais j'ai été choquée par le nombre de mots que je ne connaissais pas. Le français n'est pas ma langue maternelle, soit, mais après sept ans d'immersion linguistique ininterrompue je lis en général sans avoir besoin d'un dictionnaire. Tandis que là...
Pour votre culture générale et parce que j'espère que les copier m'aidera à m'en souvenir, voici une liste quasi-exhaustive des mots que je viens de découvrir:
veldt (c'est le tout premier mot du livre, prometteur hein...)
à l'emporte-pièce
limon (au sens géologique s'il vous plaît)
troglodyte
sépulcre
séculier
friche
vermoulu
méphitique
altier
glaire
malingre
réverbération
arc-boutant
brouet
psoriatique
ceindre (
ils ceignent - je le verrais bien dans une dictée celui-ci)
L'introduction ne fait que quatre pages, ce qui nous fait en moyenne quatre nouveaux mots par page. Le livre en compte plus de 800 - à ce rythme-là dans quelques jours je serai devenue une encyclopédie parlante.
Vous voyez, je fais tout pour mieux vous servir... Mais maintenant, retour au livre, le premier chapitre m'attend!
Comme il fallait s'y attendre, je me suis finalement laissée tenter par l'expérience blogosphérique, sans grandes ambitions toutefois. Pour cause, mon premier site web a été mis à jour deux fois dans un intervalle de trois mois avant que je m'en désinteresse définitivement et mon journal intime est à peu près à sa dixième entrée après cinq ans d'utilisation. Vous êtes donc prévenus, il ne faudra pas vous attacher à ce petit blog trop sympa et trop drôle trop vite car il risque de ne pas passer l'hiver. Mais d'ici là je vais tout faire pour vous tenir en haleine!
Votre servitrice fidèle,
yoshimi