Emil Eberle, propriétaire de la plus grande bouteille du monde.On lui souhaite du plus grand bien, ainsi qu'à sa couronne.
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Emil Eberle, propriétaire de la plus grande bouteille du monde.

Je ne suis pas française. Je n'ai le droit de vote nulle part dans ce grand monde. C'est donc en spectateur privilégié, pour qui la soirée était sans enjeu, que j'ai allumé ma télé ce soir pour regrarder le débat Royal- Sarkozy (c'est ma deuxième émission du mois après Ma Life, appréciez mon évolution télévisuelle rapide...).
Réactions à chaud : Ségolène a dit des choses intéressantes, notamment à propos des injustices envers les femmes et les ressources accordées à la recherche, deux sujets qui me tiennent à coeur. Dommage qu'elle en ait parlé complétement hors propos, au lieu de lui faire gagner des points bonus, ça donnait plutôt l'impression qu'elle évitait d'affronter les questions qu'on lui posait. Tout le contraire de Sarkozy qui, à chaque question, fonçait directement dans le mur, a démontré plusieurs fois un manque de compétence sur des sujets abordés, mais donnait au moins l'impression de vouloir être honnête. En mentant parfois, d'accord, mais, mais bizarrement, ses mensonges flagrants m'ont plus convaincus que le silence tétu de Ségolène. Elle a passé une grande partie de son temps à essayer de discréditer Sarkozy sur des détails; malheureusement, ça donnait l'impression qu'elle luttait contre lui et que dès qu'il disparaîtrait de la scène elle ne saurait pas quoi dire toute seule en face de ses électeurs. L'effet était rendu encore pire par la capacité extraordinaire de Sarkozy à répliquer par des petites phrases percutantes en moins de 20 sec, pouvant ainsi utiliser son temps à parler chiffres et promesses concrètes. Je ne tiens pas à discuter si les promesses sont raisonnables ou consistantes avec son histoire politique, seulement de son pouvoir de séduction... Avec Ségolène, j'avais l'impression qu'on se retrouvait de nouveau en classe d'anlgais où on nous obligeait à faire des discussions sur divers sujets sociaux. Ca ne volait jamais très haut, ça n'a jamais été très concret, je m'ennuyais toujours profondément (tout en apprenant des mots super cool comme "preposterous" ou "quaint" ou "prickly") et j'étais assez étonnée d'avoir des flash-backs en écoutant Madame Royal. "Quand on ne sait pas quoi promettre, on promet une discussion." Je cite Sarkozy, mais ça résume malheureusement assez bien mon impression de son adversaire. Je rêve d'une gauche sérieuse. Je rêve d'un candidat qui est capable de proposer un plan social sensé et réaliste sans adresser des phrases comme "mais les pauvres travailleurs sont fatigués après 35 heures, il ne faut pas les fatiguer plus" (je ne paraphrase même pas tant que ça) à ses électeurs. J'en veux à Ségolène de n'approcher même pas l'idéal de candidat(e) socialiste que je m'imagine et, effet secondaire un peu pervers, ça me fait pencher vers la droite. Il faut d'ailleurs souligner un autre coup assez habile de Sarkozy : contrairement à Ségolène, les phrases simplistes, il les adressait directement à son adversaire, donnant (subtilement, c'est discutable) l'impression qu'elle était un peu lente d'esprit... Je suis soulagée qu'on ne me l'infligera jamais comme premier ministre, mais oh combien j'admire le politicien à l'état pur, à l'ancienne comme on l'imagine ! Ségolène a marqué des points à la fin, notamment avec son indignation sur la question des handicapés et en commençant à mieux s'affirmer (au bout d'une heure, bon sang!) mais globalement j'ai l'impression que Sarkozy a bien tenu son terrain si ce n'est qu'il en a gagné. Dommage pour ces élections où la loi du moindre mal prévaut dans les décisions des électeurs, mais ces deux heures ont été fort divertissantes. Mes condoléances, chers confrères français, je ne vous envie vraiment pas...
Et vous, qu'est-ce que vous en avez pensé du débat de ce soir ?
Dernière remarque futile : les rides d'expression qui disparaissent grâce au Botox, c'est extrêmement détrimental à la crédibilité du visage. Dommage, dommage, dommage...
Remarque futile post-dernière remarque futile : lire un prompteur, c'est aussi un art difficile à maîtriser... Dommage, dommage, dommage...