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Mardi 12 décembre 2006
J'ai longtemps réfléchi à ce que je pourrais écrire à propos de ce livre génial que j'ai lu récemment. Puis je me suis dit que vous êtes assez grands pour cliquer sur un lien (à propos, faites CTRL+clic, fêtons enfin l'arrivée des onglets sur IE!) :  voilà. Il y a une petite description et l'intégralité du premier chapitre, où vous apprendrez entre autres que l'ormeau (abalone en anglais) a cinq trous du c**, que la géomancie se pratique à l'aide de feuilles de papier et de points noirs, que le record mondial pour le nombre de notes de bas de page dans un article juridique est 4824 et qu'Aristote préconisait 19 ans de différence d'âge entre mari et femme. Si ça ne vous donne pas envie d'en savoir plus, rien ne le fera.
par yoshimi publié dans : Les lettres
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Dimanche 29 octobre 2006

Voici une liste des livres que j'ai lus depuis le lancement de mon blog il y a deux mois. J'ai pris trop de plaisir à lire la plupart d'entre eux pour avoir vraiment envie d'en écrire un article à part entière et de toute manière, je sais pas si quelqu'un lit mes critiques littéraires, d'où la version condensée...

William Kotzwinkle - The Bear Went Over The Mountain

Ours découvre manuscrit caché sous un arbre et devient écrivain à succès sans que quiconque remarque sa non-appartenance à la race humaine. Fable pour adultes jouissive d'une imagination débordante et d'un humour tordant. J'ai hâte de découvrir William The Farting Dog, autre bestseller de Kotzwinkle.

Ethan Hawke - The Hottest State

Jeune homme superficiel et égoïste tombe amoureux de jeune femme pas sûre d'elle. Il supporte mal la rupture qui le réveille de sa torpeur habituelle. Courte histoire qui se laisse lire très facilement, bien observée la plupart du temps. Et non, je ne pense pas le charme d'Ethan Hawke me rendrait impartiale...

China Miéville - Perdido Street Station

Ville imaginaire néphytique se fait attaquer par des monstres éruciformes. Première moitié, correspondant aux scènes d'exposition, brillante. Deuxième moitié, correspondant à la chasse aux monstres, sans surprises. Plein de nouveaux mots tout le long.

Milan Kundera - L'ignorance

Femme retourne dans son pays natal après trente ans d'exil. Ce n'est pas évident. Roman où Kundera fait une fois de plus preuve de toute sa sensibilité. Ecrit en français. Est-ce pour ça que les dialogues sonnent aussi faux ? Le reste est irréprochable.

J.M. Coetzee - Disgrace

Professeur d'université, la cinquantaine, couche avec jeune étudiante et perd son poste. Il s'exile à la campagne chez sa fille. Ce n'est pas une histoire bucolique et larmoyante, on est en Afrique du Sud après tout. Style en harmonie avec les paysages décrits, effort couronné par un Booker Prize.

Emmanuel Carrière - La moustache

Homme dit d'avoir eu une moustache pendant que tout son entourage lui affirme qu'il délire. Conspiration monumentale ou début de folie ? Style prétentieux pas à la hauteur du contenu. Fin particulièrement gore.


Nick Hornby - A Long Way Down

Quatre personnages qui n'ont rien en commun, rien sauf avoir choisi le même toit pour se suicider le soir du Nouvel An... Quatre narrateurs, une approche sérieuse du suicide adoucie par l'humour habituel de Nick Hornby qui est ici en très grande forme. Lecture qui en vaut chaque mintue consacrée.

Julian Barnes - Talking It Over

Deux hommes, une femme. Un autre roman monologue. Abordant un sujet différent de A long way down, il partage beaucoup des qualités du roman de Hornby. Contente de m'être arrêtée à la lettre 'B' à la bibliothèque.


Cinq autres livres attendent patiemment leur tour sur ma table de chevet, j'espère que j'aurai le temps de les finir avant Noël... Stupide rentrée des classes. Pauvre moi.

par yoshimi publié dans : Les lettres
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Jeudi 5 octobre 2006

Savez-vous ce qu'est un cubit ? Non ? Ouf. Il s'agit d'une unité de longueur utilisée dans l'Egypte ancienne, correspondant à 524 mm dans le système métrique. Maintenant que vous savez cela, on peut commencer...

Contrairement à ce que vous auriez pu croire, je ne me suis pas amusée avec la fonctionalité 'Une page au hasard' de Wikipédia. Je me suis rendue sur le site justement parce que je voulais m'amuser, c'est-à-dire rire d'une blague dont la compréhension nécessitait la connaissance des cubits. Bon, après réflexion, déjà là j'aurais dû me méfier des blagues avec cubits. En fin de compte, je n'ai fait que perdre mon temps parce que non, savoir que c'est 524 mm, ça ne sauve pas la blague minable et cubit, ce n'est même pas un mot que je peux sortir dans une conversation pour paraître intelligente parce que tout le monde va croire que j'ai dit 'qubit' et la mécanique quantique, c'est un terrain beaucoup trop dangereux pour votre humble servitrice qui ne s'y connaît même pas vraiment en opérateurs... Si j'étais dotée d'un peu plus de bon sens et d'un peu moins de curiosité maladive, j'aurais abandonné la lecture de Nothing but blue skies de Tom Holt à la première mention de cubits, autrement dit à la page deux. Mais non.

En principe, je n'ai rien contre les livres qui privilégient le style à la substance, surtout s'il s'agit d'écrits humoristiques. Considérez par exemple 'The restaurant at the end of the universe' : je l'ai lu x fois et pourtant, si vous me demandiez aujourd'hui de résumer l'histoire, j'en serais incapable. Je me souviens juste des passages hilarants à propos de Marvin qu'on oublie dans le parking, le type qui est artificiellement mort pour ne pas payer d'impôts et du Menu du jour qui est vexé si on le mange pas... L'histoire, en fin de compte, on s'en fiche. En lisant NBBS, on se rend vite compte que Holt essaie de suivre une voie pareille. Malheureusement, son style est trop artificiel, on sent trop la transpiration derrière l'effort pour pouvoir apprécier. En 317 pages, je n'ai ri que deux fois : la première, parce qu'il y avait un dragon en chapeau australien à bouchons* et la deuxième, parce qu'il y avait un programme Microsoft en phase béta qui rêvait de devenir interface Emacs quand il serait grand. Ca, c'était drôle. Le reste du temps, je me sentais juste embarrassée de comprendre les références de geek qui couvraient consciencieusement tous les domaines des gobelins à Star Trek.

 

En somme, ce roman nous livre :

une idée amusante

développée en une histoire sans queue ni tête

avec des blagues lourdes

strictement réservées à un public d'ingénieurs.

 

Lisez-le à vos risques et périls. Ou alors pas du tout.

 

*un chapeau à bouchons, c'est ça :

Si vous voulez voir un dragon, allez googler vous-même...

par yoshimi publié dans : Les lettres
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Mardi 3 octobre 2006
Ivan Gorchev, sailor on the freight ship 'Rangoon', was not yet twenty-one when he won the Nobel Prize in physics. To win a scientific award at such a romantically young age is unprecedented, though some people might consider the means by which it was achieved a flaw. For Ivan Gorchev won the Nobel Prize in physics in a card game, called macao, from a Professor Bertinus, on whom the honour had been bestowed in Stockholm by the King of Sweden a few days earlier. But those who are always finding fault don't like to face facts, and the fact of the matter is that Ivan Gorchev did win the Nobel Prize at the age of twenty-one.

 

Ainsi commence le roman de P. Howard (alias Jeno Rejto), The 14-Carat Roadster. Je viens de découvrir ce soir qu'il existait une traduction anglaise de cette oeuvre magnifique et qu'elle est même disponible en ligne : pour lire la suite, et franchement, faites-le si vous avez deux-trois heures libres, cliquez tout simplement ici.

Je viens de relire la bibliographie de P. Howard et je réalise que j'ai lu plus de trente de ses romans. La plupart même plusieurs fois, ce qui le met en deuxième position des auteurs que j'ai le plus lus dans ma vie - et certainement en tête de la liste de ceux qui m'ont le plus fait rire. Devant P.G. Wodehouse et même Douglas Adams, ce qui est un bien bien grand mot...

Allez donc découvrir celui qui fut un des plus grands humoristes du 20e siècle !

par yoshimi publié dans : Les lettres
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Mercredi 27 septembre 2006

Ce matin j'ai passé deux heures à bouquiner chez Payot. J'ai toujours bien aimé l'ambiance de la rentrée littéraire : il y a d'énormes tas de livres fraîchement sortis de chez l'éditeur, la moitié étiquetée 'nouveauté -20%', l'autre moitié 'coup de coeur', il y a une odeur de neuf, les gens qui sillonnent les rayonnages ont l'air intéressé. Combiné avec le confort des canapés, cette ambiance m'attire toujours suffisamment pour sortir du lit relativement tôt et me dandiner allégrement jusqu'au librairie... Voici donc ce que j'ai pêché aujourd'hui :

This Diary Will Change Your Life - ce n'est pas vraiment un livre, mais un agenda pour 2007. J'ai beaucoup aimé le concept des tâches hebdomadaires à accomplir (par exemple la semaine de la discrimination positive ou la semaine où l'on n'a le droit de faire que des choses nouvelles... ou encore la semaine du test de sélection darwinien), tout comme les 'Mood charts' où l'on peut dessiner l'évolution de son humeur au quotidien et comparer ensuite avec l'humeur de la planète ici. Je l'aurais même acheté si je n'avais pas déjà un agenda tout beau tout mignon qui ne me changera certes pas la vie mais qui ne m'a coûté que 5 frs. Et il ne me demande pas de me séparer de mon passeport pour un mois. Grand plus.

The Ex-Boyfriend's Handbook de Matt Dunn - je suis une consommatrice compulsive de ce qu'en anglais on appelle 'chick-lit' (de la littérature pour filles - existe-t-il un bon équivalent français ?). Dès que je vois un nouveau livre de Katie Fforde ou de Jill Mansell, je me sens obligée de l'acheter et je le dévore en une soirée. C'est en grande partie à cause de ça que la moitié de mon étagère à livres est rose. J'ai honte. Ces derniers temps, j'ai essayé de limiter ma consommation habituelle, mais les signes d'accoutumance ne sont pas encore entièrement dissipés ; ainsi, quand j'ai vu Le manuel de l'ex, je devais savoir de quoi ça parle. Quelques instants plus tard je me suis retrouvée devant un grand dilemme : le livre est bien écrit et les premières pages m'ont fait rire, mais il s'agit tout de même de 'lad-lit'*, ce qui est encore un étage en dessous de mes livres roses chéris. Pour finir, je l'ai remis en place avec un grand soupir. Je m'appelle Yoshimi et ça fait un mois que je n'ai plus touché à de la chick-lit. Aplaudissements, s'il vous plaît.

The Complete Polysyllabic Spree de Nick Hornby - ce n'est pas tous les jours qu'on voit un titre avec deux y's dans le même mot. Rien que ça, ça mérite l'attention. Ensuite, voir qu'il a été écrit par un des rares écrivains encore actifs dont j'ai lu pratiquement toute la bibliographie, ça donne des frissons supplémentaires. Sur les deux heures, je pense avoir passé une heure et demie avec ce petit joyau entre les mains. J'adore l'écriture de Nick Hornby. Il a ce style épuré, décompliqué mais tout de même instantanément reconnaissable... Si un jour mes phrases se raccourcissent et mes textes perdent de leur inintelligibilité (note pour soi - arrêter d'utiliser des mots comme inintelligibilité), vous saurez que c'est grâce à lui. Je veux ce livre. Et un après-midi avec Nick Hornby, si ce n'est pas trop vous demander.

 

*je suis pratiquement sûre que ce terme n'a pas d'équivalent français. Il s'agit bien de 'littérature pour hommes', mais cela n'englobe pas, comme on serait porté de croire, les romans d'espionnage et les aventures de Winnetou, mais des livres où les écrivains hommes, voyant le succès des 'chick-lit', décident de montrer leur côté sensible. Parfois, ça donne de bons livres (cf. High Fidelity), parfois pas (vous ne voulez pas d'exemple, croyez-moi). Mais je me demande encore à qui exactement ils sont destinés...

par yoshimi publié dans : Les lettres
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Samedi 26 août 2006
Au début de l'été j'ai pris de bonnes résolutions : aller nager tous les jours (maudite pluie), faire le ménage chez moi (RIP gentil lavabo), regarder tous les films que je possède et que je n'ai pas encore vus (j'en ai marre des westerns et des chevaux en général) et surtout, essayer de stopper l'atrophie intellectuelle qui s'est amorcée chez moi depuis que j'ai mis les pieds à l'université : se remettre à lire.

Le premier livre que j'ai choisi comme cible était L'insoutenable légèreté de l'être de Milan Kundera. Le titre avait l'air suffisamment compliqué pour que je me sente dans la peau d'une vraie intello en le prononçant à haute voix et la notoriété de Kundera m'assurait que je n'allais pas lire ce livre pour rien : même dans le pire des cas, où je ne comprends pas un traître mot et que je n'aime pas le reste, je pourrais le sortir comme atout final dans une partie d'échec intellectuel entre gens cultivés (enfin, des gens cultivés et moi). Vous me pardonnerez la métaphore décousue... Tout cela pour dire que j'ai commencé la lecture pour des raisons hautement superficielles et que je ne pensais pas y prendre plus de plaisir qu'au nettoyage des vitres. Heureusement que j'avais oublié de compter avec le talent de Kundera...

Parce que, semi-suprise numéro un, ce livre est bon. J'ai vite oublié pourquoi je l'ai emprunté et je me suis laissé emporter par le doux fleuve des mots façonné par le Grand Maître et par l'histoire qui est narrée en arrière plan, un simple exemple censé illustrer la thèse de l'insoutenable légèreté, mais qui est d'une force remarquable. Je ne vais pas vous expliquer cette thèse, Kundera le fait très bien (d'un point de vue didactique entre autres, le livre est un chef-d'oeuvre) dans l'introduction. Elle n'est longue que de trois pages, alors vous pourriez vraiement prendre la peine de la lire - il y a des chances que vous crochiez et que votre vie soit enrichie d'une merveilleuse expérience littéraire et sinon vous pourrez toujours prendre ma place de 'celui qui fait semblant d'avoir tout compris' la prochaine fois que les sujets comme Kundera, ce livre, n'importe quel autre livre contemporain ou encore la gravitation viennent sur le tapis.

Pour ceux qui ont suivi jusqu'ici, la semi-surprise numéro un présageait bien une surprise numéro deux que voici : ce livre, sans que je m'y attende, a boulversé ma vie. Depuis que je l'ai lu, j'ai envie de lire, d'écrire, de marcher les yeux ouverts partout dans le monde, d'avoir des discussions animées sous les étoiles ou sous la couette (pour être tout à fait honnête, il se peut que ce ne soit pas entièrement dû au livre *insérez mentalement un très grand smiley juste ici*) et pour quelques brefs instants j'ai même envisagé d'avoir un chien.

Voici donc mon conseil du jour : lisez ! Peu importe quoi, mais prenez un livre entre vos mains et plongez-vous dedans. Le regard que vous portez au monde qui vous entoure risque de changer!


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Et oui, sur ce blog chacun a le droit d'être aussi mélodramatique qu'il veut.
par yoshimi publié dans : Les lettres
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Jeudi 24 août 2006
Comme votre éducation (et, soyons francs, la mienne avant tout) me tient à coeur, voici la fin de la liste des termes que j'ai appris en lisant Perdido Street Station. Si vous êtes sages, je vous raconterai aussi ce que j'ai pensé du livre un de ces jours, mais pour l'instant contentez-vous des mots :

exutoire
bauge (un système constructif monolithique en terre crue empilée - mon dico ne connaissait pas)
faix
vernaculaire (propre à un pays donné)
oiseux
fange (abjection, avilissement; traîner qn dans la fange)
estuaire
linteau
éruciforme (qui a la forme d'une chenille)
chenu
sédition
promontoire
palus
fruste
râblé
endémique (qui sévit de façon constante dans un pays, un domaine)
adjuvant
inusité
dénégation
dodeliner
suranné
préhensile (qui a la faculté de saisir)
mansuétude
impavide
morigéner
renâcler
escopette
dévoyer
lacis
saillie
balafre
ingérence
occire
jugulaire (qui appartient au cou, à la gorge)
vagir
halener
reptation
prognathe (dont les maxillaires sont proéminents)
haler
achoppement
égailler (s')
véniel
voussure (voûte surmontant une porte, une fenêtre)
perclus
affèterie
concupiscence
desquamer
liminal (se dit du seuil minimal d'intensité d'un courant susceptible de déclencher une contraction musculaire après simulation du nerf)

Vous savez s'il existe un livre comme 'Zoologie pour les nuls'? Je réalise qu'il faudrait rattraper mon retard accumulé en dormant pendant tous mes cours biologie dans ma jeunesse...

J'espère que vous avez trouvé de quoi enrichir votre vocabulaire et que ma liste vous a donné des idées pour des séances de small talk à venir. Par curiosité, il y a combien de mots que vous ne connaissiez pas? Les réponses espérées sont du type "Beaucoup, 'concupiscence' est le seul qui m'était familier" mais vous avez également le droit de dire la vérité.

Exceptionnellement.
par yoshimi publié dans : Les lettres
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Mardi 22 août 2006
Il y a une chose à laquelle je n'ai jamais pu résister : ces histroires qui parlent d'une fille se lançant dans une activitée réprouvée par son milieu (de préférence une activité typiquement masculine) et qui, au lieu d'échouer lamentablement comme tout le monde le prédisait, s'en sort plutôt bien (de préférence en s'engageant dans une relation emplie de sensualité avec un homme qu'elle a rencontré grâce à ce choix). Les exemples classiques seraient La jeune fille à la perle, Orgueil et préjugés, Les Diaboliques de Barbey d'Aurevilly, L'amant de Marguerite Duras ou parmi les films Dangerous Beauty et, dans un registre un peu plus popcorn, Joue-la comme Beckham. Cette trame commune fait que je me sens obligée de lire/regarder l'oeuvre en question, peu importe tous les éléments qui pourraient m'en dissuader...

La joueuse de go
tombe pile dans cette catégorie. C'est l'histoire d'une Chinoise de 16 ans dans les annés trente qui, oh surprise, jouait au go. En plus, elle jouait bien. Sur la place réservée aux joueurs, oh surprise, elle rencontra un jour un jeune homme. Ce jeune homme fut le premier à lui tendre un vrai défi. Donc ils jouèrent et, sans jamais se parler mais en découvrant l'âme de l'autre à partir de l'écho de ses coups, ils tombèrent amoureux (insérez 'oh surprise' aux endroits voulus). Mais un problème survena : le Japon déclara la guerre à la partie de la Chine qu'il n'occupait pas encore. (L'histoire de cette guerre, faute de mieux, est expliquée en notes de bas de page fort pratiques. Cela ne me poserait pas un problème si le livre avait été destiné à un public connaisseur, mais du moment que l'auteur a fait le choix de l'écrire en français à un public dont les connaissances en histoire orientale s'épuisent à Pearl Harbor, elle aurait pu faire un effort pour l'intégrer dans le texte. Les notes de bas de page, ce n'est pas très romanesque ni très passionnant.) L'homme, qui était en fait un officier japonais déguisé en chinois, dut partir. La fille, pour des raisons qui n'avaient rien à voir ni avec la guerre ni avec l'officier, dut partir aussi. Ils partirent séparément. Mais, comme le monde (et plus particulièrement, la Chine) est petit(e), leurs chemins se recroisèrent. Et là, ce fut la fin (du livre du moins).

Quelle lecture décevante! J'aurais dû résister à la tentation de mon schéma préféré au moment d'acheter ce livre. L'histoire est niaise, sur-recyclée, il y a des coïncidences qui pleuvent de partout, et même si on ne demanderait qu'à y croire, l'écriture est prétentieuse, froide, peu engageante, maladroite. Aucune  émotion ne passe. Ecrire dans une langue étrangère n'est pas une excuse et la volonté de minimalisme n'en est pas une non plus (même si cette fois-ci je vous épragnerai mes contre-exemples). La différence de mentalité joue peut-être un rôle, mais les bons livres arrivent à les transcender, au contraire de La joueuse de go. Heureusement que la torture de l'agacement dure moins que deux cents pages...

Au lieu de lire cette chose inqualifiable, apprenez plutôt à jouer au go. Ou, pour les avancés, fabriquez vos propres pièces en papier mâché. Ou regardez quelqu'un jouer. Encore mieux, louez Un homme d'exception. On y joue au go aussi et avec une production holywoodienne de cette envergure, vous saurez au moins à quoi vous attendre.
par yoshimi publié dans : Les lettres
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Lundi 21 août 2006
Edward Clare est premier ministre de la Grande Bretagne depuis cinq ans et la sympathie du public est en train de se détourner de lui. Trop de pression, trop de responsabilités - en voulant trouver un compromis idéal pour tout le monde, il finit par ne plus prendre position du tout. Le peuple lui reproche d'avoir perdu contact avec les réalités du quotidien et le premier ministre a tendance à acquiescer quand il réalise qu'il ne sait même plus le prix du lait. Il décide alors de partir à la redécouverte de son pays, en talons aiguilles et accompagné d'un garde du corps trouvé pour l'occasion... Au cours de son voyage, le premier ministre fait l'expérience des chemins de fer qui ne sont jamais à l'heure, des hôpitaux où il faut se battre pour avoir un moniteur cardiaque pour plus que dix minutes, des maisons de retraite qui se transforment en cliniques de beauté et de tous les autres problèmes 'typiquement britanniques' qu'Euronews nous raconte avec tant de délectation jour après jour. Il découvre aussi des choses surprenantes à propos de sa défunte mère et que les perruques à la Marilyn Monroe lui vont bien, avant de devenir l'heureux propriétaire d'un canari stone, voir la mort en face et revenir à la vie normale...

Number Ten ne serait pas un livre de Sue Townsend s'il ne parlait pas de problèmes sociaux, mais ce ne serait pas un livre de Sue Townsend non plus s'il ne le faisait pas d'une manière à arracher des rires même aux lecteurs les plus émus par l'histoire de Toyota qui, comme son nom ne l'indique certainement pas, est en fait une jeune maman sans emploi.

Je ne sais pas exactement quoi penser de ce livre. Le défi était ambitieux, faire un livre humoristique tout en abordant une bonne douzaine de sujets plus déprimants les uns que les autres à travers les péripéties du premier ministre qui, Dieu merci, ressemble comme deux gouttes d'eau à Tony Blair mais l'auteur s'en est assez bien tirée. Le livre reste drôle, même s'il est difficilement comparable aux journaux intimes d'Adrian Mole et même si l'humour sert plus à faire avaler la pilule amère qu'à nous fournir un divertissement léger. Par endroits, je riais aux éclats, ce qui m'arrive assez rarement quand je lis... En même temps, j'aurais préféré ne pas avoir cette sensation d'être frappée avec une massue sur la tête tout le long du livre qui aurait gagné en impact en voulant moins être 'Le Livre Qui Va Changer La Face De La Grande Bretagne'.

Ou c'est juste que je ne me sens pas concernée parce que chez nous les trains sont à l'heure.
par yoshimi publié dans : Les lettres
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Samedi 19 août 2006
C'est un des livres les mieux écrits que je j'ai eu l'occasion de lire ces derniers temps, mais aussi un des plus difficiles. Il ne s'agit pas seulement des mots inconnus, mais aussi de la structure (j'ai découvert que China Miéville était économiste... vu le style, je ne suis pas du tout surprise) qui demande une attention particulière. J'avance donc assez lentement, mais je me vois récompensée par la découverte de l'univers fantastique et minutieusement détaillé que Miéville nous offre.

Voici la suite des mots inconnus que j'ai découvert en lisant la suite. J'ai hésité à mettre aussi leur signification avec, mais comme pour l'instant je suis la seule à être au courant de l'existence de ce blog et très vraisemblablement la seule lectrice, la peine paraissait un peu superflue. Et puis même si vous êtes aussi peu cultivés que moi, vous devez sûrement être en possession d'un dictionnaire...

éventaire
mercantile
prophylaxie
purulence
épigone
chapardage
conspuer (manifester publiquement son hostilité, son mépris envers qn - je l'avais déjà oublié)
éructation
syncrétisme
ostentation
tesson
venelle
attenant
nodosité
imprécation (malédiction lancée contre qn)
solipsisme
prurit
atrabilaire
guilleret
prosélyte
saumâtre
opprobre (déshonneur infligé publiquement; jeter l'opprobre sur qn; vivre dans l'opprobre)
cloaque

Mon bras foulé me fait mal d'avoir soulevé le dictionnaire aussi souvent.

Maintenant je sais au moins comment c'est de se sentir martyr du savoir.
par yoshimi publié dans : Les lettres
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