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Voici une liste des livres que j'ai lus depuis le lancement de mon blog il y a deux mois. J'ai pris trop de plaisir à lire la plupart d'entre eux pour avoir vraiment envie d'en écrire un article à part entière et de toute manière, je sais pas si quelqu'un lit mes critiques littéraires, d'où la version condensée...
William Kotzwinkle - The Bear Went Over The Mountain
Ours découvre manuscrit caché sous un arbre et devient écrivain à succès sans que quiconque remarque sa non-appartenance à la race humaine. Fable pour adultes jouissive d'une imagination débordante et d'un humour tordant. J'ai hâte de découvrir William The Farting Dog, autre bestseller de Kotzwinkle.
Ethan Hawke - The Hottest State
Jeune homme superficiel et égoïste tombe amoureux de jeune femme pas sûre d'elle. Il supporte mal la rupture qui le réveille de sa torpeur habituelle. Courte histoire qui se laisse lire très facilement, bien observée la plupart du temps. Et non, je ne pense pas le charme d'Ethan Hawke me rendrait impartiale...
China Miéville - Perdido Street Station
Ville imaginaire néphytique se fait attaquer par des monstres éruciformes. Première moitié, correspondant aux scènes d'exposition, brillante. Deuxième moitié, correspondant à la chasse aux monstres, sans surprises. Plein de nouveaux mots tout le long.
Milan Kundera - L'ignorance
Femme retourne dans son pays natal après trente ans d'exil. Ce n'est pas évident. Roman où Kundera fait une fois de plus preuve de toute sa sensibilité. Ecrit en français. Est-ce pour ça que les dialogues sonnent aussi faux ? Le reste est irréprochable.
J.M. Coetzee - Disgrace
Professeur d'université, la cinquantaine, couche avec jeune étudiante et perd son poste. Il s'exile à la campagne chez sa fille. Ce n'est pas une histoire bucolique et larmoyante, on est en Afrique du Sud après tout. Style en harmonie avec les paysages décrits, effort couronné par un Booker Prize.
Emmanuel Carrière - La moustache
Homme dit d'avoir eu une moustache pendant que tout son entourage lui affirme qu'il délire. Conspiration monumentale ou début de folie ? Style prétentieux pas à la hauteur du contenu. Fin particulièrement gore.
Nick Hornby - A Long Way Down
Quatre personnages qui n'ont rien en commun, rien sauf avoir choisi le même toit pour se suicider le soir du Nouvel An... Quatre narrateurs, une approche sérieuse du suicide adoucie par l'humour habituel de Nick Hornby qui est ici en très grande forme. Lecture qui en vaut chaque mintue consacrée.
Julian Barnes - Talking It Over
Deux hommes, une femme. Un autre roman monologue. Abordant un sujet différent de A long way down, il partage beaucoup des qualités du roman de Hornby. Contente de m'être arrêtée à la lettre 'B' à la bibliothèque.
Cinq autres livres attendent patiemment leur tour sur ma table de chevet, j'espère que j'aurai le temps de les finir avant Noël... Stupide rentrée des classes. Pauvre moi.
Savez-vous ce qu'est un cubit ? Non ? Ouf. Il s'agit d'une unité de longueur utilisée dans l'Egypte ancienne, correspondant à 524 mm dans le système métrique. Maintenant que vous savez cela, on peut commencer...
Contrairement à ce que vous auriez pu croire, je ne me suis pas amusée avec la fonctionalité 'Une page au hasard' de Wikipédia. Je me suis rendue sur le site justement parce que je voulais m'amuser, c'est-à-dire rire d'une blague dont la compréhension nécessitait la connaissance des cubits. Bon, après réflexion, déjà là j'aurais dû me méfier des blagues avec cubits. En fin de compte, je n'ai fait que perdre mon temps parce que non, savoir que c'est 524 mm, ça ne sauve pas la blague minable et cubit, ce n'est même pas un mot que je peux sortir dans une conversation pour paraître intelligente parce que tout le monde va croire que j'ai dit 'qubit' et la mécanique quantique, c'est un terrain beaucoup trop dangereux pour votre humble servitrice qui ne s'y connaît même pas vraiment en opérateurs... Si j'étais dotée d'un peu plus de bon sens et d'un peu moins de curiosité maladive, j'aurais abandonné la lecture de Nothing but blue skies de Tom Holt à la première mention de cubits, autrement dit à la page deux. Mais non.
En principe, je n'ai rien contre les livres qui privilégient le style à la substance, surtout s'il s'agit d'écrits humoristiques. Considérez par exemple 'The restaurant at the end of the universe' : je l'ai lu x fois et pourtant, si vous me demandiez aujourd'hui de résumer l'histoire, j'en serais incapable. Je me souviens juste des passages hilarants à propos de Marvin qu'on oublie dans le parking, le type qui est artificiellement mort pour ne pas payer d'impôts et du Menu du jour qui est vexé si on le mange pas... L'histoire, en fin de compte, on s'en fiche. En lisant NBBS, on se rend vite compte que Holt essaie de suivre une voie pareille. Malheureusement, son style est trop artificiel, on sent trop la transpiration derrière l'effort pour pouvoir apprécier. En 317 pages, je n'ai ri que deux fois : la première, parce qu'il y avait un dragon en chapeau australien à bouchons* et la deuxième, parce qu'il y avait un programme Microsoft en phase béta qui rêvait de devenir interface Emacs quand il serait grand. Ca, c'était drôle. Le reste du temps, je me sentais juste embarrassée de comprendre les références de geek qui couvraient consciencieusement tous les domaines des gobelins à Star Trek.
En somme, ce roman nous livre :
une idée amusante
développée en une histoire sans queue ni tête
avec des blagues lourdes
strictement réservées à un public d'ingénieurs.
Lisez-le à vos risques et périls. Ou alors pas du tout.
*un chapeau à bouchons, c'est ça :

Si vous voulez voir un dragon, allez googler vous-même...
Ainsi commence le roman de P. Howard (alias Jeno Rejto), The 14-Carat Roadster. Je viens de découvrir ce soir qu'il existait une traduction anglaise de cette oeuvre magnifique et qu'elle est même disponible en ligne : pour lire la suite, et franchement, faites-le si vous avez deux-trois heures libres, cliquez tout simplement ici.
Je viens de relire la bibliographie de P. Howard et je réalise que j'ai lu plus de trente de ses romans. La plupart même plusieurs fois, ce qui le met en deuxième position des auteurs que j'ai le plus lus dans ma vie - et certainement en tête de la liste de ceux qui m'ont le plus fait rire. Devant P.G. Wodehouse et même Douglas Adams, ce qui est un bien bien grand mot...
Allez donc découvrir celui qui fut un des plus grands humoristes du 20e siècle !
Ce matin j'ai passé deux heures à bouquiner chez Payot. J'ai toujours bien aimé l'ambiance de la rentrée littéraire : il y a d'énormes tas de livres fraîchement sortis de chez l'éditeur, la moitié étiquetée 'nouveauté -20%', l'autre moitié 'coup de coeur', il y a une odeur de neuf, les gens qui sillonnent les rayonnages ont l'air intéressé. Combiné avec le confort des canapés, cette ambiance m'attire toujours suffisamment pour sortir du lit relativement tôt et me dandiner allégrement jusqu'au librairie... Voici donc ce que j'ai pêché aujourd'hui :
This Diary Will Change Your Life - ce n'est pas vraiment un livre, mais un agenda pour 2007. J'ai beaucoup aimé le concept des tâches hebdomadaires à accomplir (par exemple la semaine de la discrimination positive ou la semaine où l'on n'a le droit de faire que des choses nouvelles... ou encore la semaine du test de sélection darwinien), tout comme les 'Mood charts' où l'on peut dessiner l'évolution de son humeur au quotidien et comparer ensuite avec l'humeur de la planète ici. Je l'aurais même acheté si je n'avais pas déjà un agenda tout beau tout mignon qui ne me changera certes pas la vie mais qui ne m'a coûté que 5 frs. Et il ne me demande pas de me séparer de mon passeport pour un mois. Grand plus.
The Ex-Boyfriend's Handbook de Matt Dunn - je suis une consommatrice compulsive de ce qu'en anglais on appelle 'chick-lit' (de la littérature pour filles - existe-t-il un bon équivalent français ?). Dès que je vois un nouveau livre de Katie Fforde ou de Jill Mansell, je me sens obligée de l'acheter et je le dévore en une soirée. C'est en grande partie à cause de ça que la moitié de mon étagère à livres est rose. J'ai honte. Ces derniers temps, j'ai essayé de limiter ma consommation habituelle, mais les signes d'accoutumance ne sont pas encore entièrement dissipés ; ainsi, quand j'ai vu Le manuel de l'ex, je devais savoir de quoi ça parle. Quelques instants plus tard je me suis retrouvée devant un grand dilemme : le livre est bien écrit et les premières pages m'ont fait rire, mais il s'agit tout de même de 'lad-lit'*, ce qui est encore un étage en dessous de mes livres roses chéris. Pour finir, je l'ai remis en place avec un grand soupir. Je m'appelle Yoshimi et ça fait un mois que je n'ai plus touché à de la chick-lit. Aplaudissements, s'il vous plaît.
The Complete Polysyllabic Spree de Nick Hornby - ce n'est pas tous les jours qu'on voit un titre avec deux y's dans le même mot. Rien que ça, ça mérite l'attention. Ensuite, voir qu'il a été écrit par un des rares écrivains encore actifs dont j'ai lu pratiquement toute la bibliographie, ça donne des frissons supplémentaires. Sur les deux heures, je pense avoir passé une heure et demie avec ce petit joyau entre les mains. J'adore l'écriture de Nick Hornby. Il a ce style épuré, décompliqué mais tout de même instantanément reconnaissable... Si un jour mes phrases se raccourcissent et mes textes perdent de leur inintelligibilité (note pour soi - arrêter d'utiliser des mots comme inintelligibilité), vous saurez que c'est grâce à lui. Je veux ce livre. Et un après-midi avec Nick Hornby, si ce n'est pas trop vous demander.
*je suis pratiquement sûre que ce terme n'a pas d'équivalent français. Il s'agit bien de 'littérature pour hommes', mais cela n'englobe pas, comme on serait porté de croire, les romans d'espionnage et les aventures de Winnetou, mais des livres où les écrivains hommes, voyant le succès des 'chick-lit', décident de montrer leur côté sensible. Parfois, ça donne de bons livres (cf. High Fidelity), parfois pas (vous ne voulez pas d'exemple, croyez-moi). Mais je me demande encore à qui exactement ils sont destinés...