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Lundi 4 février 2008
Chez des bloggueurs un peu mieux organisés que moi, ça aurait donné naissance à plusieurs articles: un le jour où j'ai finalement eu mon visa pour l'Islande, un le jour où je voulais acheter mon billet d'avion et que j'ai réalisé que ma carte de crédit ne marchait pas, un le jour où j'ai finalement pu l'acheter, un le jour où j'ai commencé à faire mes valises et ainsi de suite. Mais moi, j'ai égoïstement gardé tous ces grands moments de palpitation intense pour moi et je vous en parle seulement maintenant que je me retrouve dans  la capitale la plus nordique du monde, Reykjavik, à 66 degrés de latitude. Ca c'était pour votre culture générale...

Pour commencer, un peu de pub: Iceland Express est une compagnie aérienne low-cost comme je les aime: ils ont su se débarrasser de tout le pseudo-luxe qu'on offre sur les vols habituels (jeux vidéos stupides incorporés dans les écrans personnels; repas de "haute cuisine" (oui, j'ai voyagé récemment avec Air France); lingettes chauffées; classe d'affaires qui prend la moitié de l'avion pour dix personnes) tout en gardant l'essentiel : un espace suffisant pour les genoux (là, je pointe d'un doigt accusateur en direction d'Easyjet) et la gentillesse des hôtesses de l'air (là, le coupable est Air France, sans même qu'ils aient une excuse). Faut dire même que les hôtesses de l'air étaient de vraies bombes : c'était la première fois que je voyais autant d'Islandaises ensemble (Björk et ses musiciennes ne comptent pas) et je me suis quand même dit que je préférerais que l'Homme habite dans un pays où il y a moins de beautés blondes à croiser. Juste par précaution. Mais quand même...

Sinon, tout va pour le mieux : mon humeur s'améliore à chaque fois que je vais vers le Nord, et cette fois-ci n'est pas une exception. Je me délecte de la vue sur les maisons colorées de Reykjavik et sur l'océan avec les montagnes enneigées de la baie, des balandes dans la neige, d'une certaine manière même du vent nordique qui me transperce quand je descends dans la rue. Hier soir j'ai vu ma première aurore boréale. Je peux vous dire que ça bat de loin tous les arc-en-ciel du monde (catégorie phénomènes natuels) et aussi tous les dîners au chandelles (catégorie activités romantiques après le coucher du soleil)...

La prochaine fois je vous relaterai en détail les discussions entre l'Homme et moi pour savoir qui s'est levé en premier le matin et vous me direz que c'est moi qui à raison.

Bonne nuit les jeunes!
par yoshimi publié dans : Sur la route
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Mardi 6 novembre 2007
There isn't too much I can tell you about my weekend in Ottawa. The youth hostel we stayed at was surprisingly nice and clean (although my expectations were pretty low, given my last similar experience), especially for a place that used to be a prison merely 30 years ago. On the other hand, eight plastic mattresses in the same room make an awful lot of noise (if someone is sleeping on them of course, but I'm wondering if anyone else would have felt the need to point this out). There are lots of nice pubs that serve tricky Irish ciders, which make one stare at the others with a huge smile on their face, but the Zaphod Beeblebrox bar is a dump. And that's coming from a Douglas Adams fan! Beaver tails are disgusting, but maybe the wonderfully mild weather made it hard for us to appreciate to its full extent a dessert made of 40% fat, 40% sugar. The parliament is all shiny on the inside, so it's hard to imagine dueling senators cutting each other's ears off in the hallways (yes, I've been watching too much of Rome recently). But all in all, Ottawa is definitely a place worth a visit.

Last but not least, here is my favorite piece of conversation from Saturday evening:

Waitress: What can I bring you?
Me: A hot chocolate, please.
Waitress: I'll check if we have any left, but just in case, what would you like to have if we don't?
Me (pondering this for a minute, and finally deciding that I believe in heavenly sings): A gin & tonic then, please.
Waitress starts to laugh.
I start to blush.
Waitress: Why don't I just bring you a g&t straight away?

The rest of the evening is something of a blur...

par yoshimi publié dans : Sur la route
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Jeudi 5 octobre 2006

Voilà, je suis seulement à quelques heures de partir loin, loin d'ici au pays de mes ancêtres... 1500 km en voiture avec deux conducteurs (dont l'une qui n'est pas vraiment en confiance, ne s'étant pas encore entièrement remise de ses collisions quasi-quotidiennes avec les meubles de sa maison), puis deux semaines de visite chez ma grand-mère. Ca ne s'annonce pas très drôle, ma grand-maman nécessite plus de patience, de résistance émotionnelle et de talents diplomatiques que le jeu homonyme. Sauf qu'ici les enjeux sont beaucoup plus élevés...

 

J'essayerai de vous tenir au courant. Croisez les doigts pour moi.

par yoshimi publié dans : Sur la route
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Lundi 18 septembre 2006

 

 

La salle de séjour de Bax Pax

 

 

Bob sur fond de soleil couchant

 

 

Rouge

par yoshimi publié dans : Sur la route
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Dimanche 17 septembre 2006

On regarde le nouveau train, on regarde nos affaires éparpillées autour de nous, puis on décide de ne pas bouger. Au pire des cas, on se retrouve à Brunegg et on s'achète de nouveaux pulls bruns comme Holger fait quand il est triste... Heureusement, notre train est le bon et le temps de débattre du manque de mérites de mon appareil photo (merci Luke), on est déjà à Frankenstadeln (ou nom à consonance similaire).

Luke ne veut pas être photographié par n'importe quel photographe de pacotille

 

A la gare la tâche ingrate et pratiquement irréalisable nous incombe d'acheter des billets pour quinze personnes en 50 minutes. Vous me direz que c'est facile et dans n'importe quel autre cas je vous donnerais raison, mais quand quinze petits académiciens, tous habitués dans leur vie de tous les jours à être celui qui dirige les opérations, essaient d'organiser les billets de groupe, de sous-groupe, de semi-retour semi-regroupé et de semi-trajet allongé, la confusion est garantie. Bien sûr, le fait que la seule guichetière de la gare passe des minutes à quatre pattes à la recherche d'une pièce de monnaie égarée n'améliore pas les choses, mais pour finir, il semble qu'on a enfin laissé notre lot de malheur pour le jour derrière nous : le train est à l'heure, on n'a pas à se battre pour nos places réservées et la climatisation est juste un tantinet trop froide. A Vérone, nous ne sommes plus que cinq à prendre le train pour Venise : Bob, Luke, Dallas, Joel*, grâce à qui nous avons pu obtenir des billets pour le festival, et moi.

Arrivés à Venise, nous achetons une carte et nous nous mettons en quête de notre auberge. L'absence de noms de rue sur la carte gène légèrement nos recherches, mais on arrive à s'orienter par rapport aux églises qui, allez savoir pourquoi, sont toutes bien mises en évidence. En arrivant à l'église la plus proche, il nous faut encore un bon moment pour localiser notre auberge. Est-ce le grillage sur les fenêtres, l'absence d'écriteau sur la porte ou l'état de démolition avancée de l'immeuble d'à côté qui fait qu'on passe devant au moins deux fois sans la remarquer ? Difficile à dire, mais c'est avec un sentiment de triomphe et un fou rire renaissant qu'on frappe à la porte.

Bax Pax

Dans notre chambre, il y a six lits, trois couvertures, une table, une chaise, un tiers de canapé et un autel en bois. On demande si on pouvait avoir des draps, le gérant-réceptionniste-DJ nous répond non, on demande si on peut avoir deux autres couvertures, il nous dit encore non. On commence à suspecter qu'il ne comprend pas l'anglais et effectivement, aussitôt qu'on switche en français, il nous remet les objets de nos désirs.

Sauf que les draps sont en satin noir. Avec les rideaux faits du même matériau et l'autel, on est bien équipé pour toute une série d'activités qu'on n'avait pas envisagé à l'avance. Mais à quoi d'autre s'attendre quand on répète depuis douze heures que ce voyage ressemble furieusement à un roman de Kafka ?

 

Venise est magnifique, on marche pendant des heures, on mange des pizzas hors de prix au bord d'un canal et on arrive même à l'heure au Lido pour les projections du soir. Le premier film qu'on voit est Nuovomondo avec Charlotte Gainsbourg et une énorme carotte. Le film, d'avis général, est bon - malheureusement pendant le long passage en bateau qui constitue la moitié du film, je deviens malade de mer. Les autres ont beau m'assurer ensuite que je n'ai fait qu'imaginer les mouvements du caméra de haut en bas, je crois toujours que c'est cette décision du metteur en scène qui était responsable de mon état... Le deuxième est Ostrov, un film russe où il neige tout le long, ce qui donnes de jolis plans fixes mais rend le déroulement un peu monotone. Je me sens suffisamment mal pour dormir une heure au milieu, mais sans ce bout, je garde un bon souvenir du reste. On peut clairement trouver mieux comme divertissement léger et même comme film d'auteur (une histoire un peu plus développée aurait été la bienvenue), mais le film vaut tout de même le détour.

On marche ensuite longtemps dans les rues désertes de Venise, savourant le silence et la chaleur de la nuit d'été. Je regarde notre groupe et j'ai du mal à croire qu'il y a à peine une semaine on ne se connaissait même pas encore. Les liens sont tissés, les relations nuancées, on parle, on débat, on taquine, on se dévoile petit à petit... j'ai l'impression qu'on est dans cette configuration depuis toujours. Une chance folle de les avoir rencontrés !

Il est près de quatre heures quand on rentre à l'auberge et après une brève séance de chasse aux bêtes mutantes (mortes tragiquement sous la semelle de Bob avant que je ne puisse les prendre en photo), on se couche dans nos lits sacrificiels. La nuit, l'odeur infecte qui plane sur les lieux me réveille plusieurs fois et le matin aucun d'entre nous n'est dans une forme olympique pour la suite de l'excursion. On fait un dernier tour d'adieu à Venise et on se dirige vers la gare pour se rendre à Vérone. Le train réussit à éteindre les dernières étincelles de motivation touristique et au lieu de visiter la ville sous le soleil tapant, on se réfugie dans une église transformée en restaurant et on mange pendant des heures, en testant le menu conscieusement d'un bout à l'autre. Il faut dire qu'après l'atmosphère romantique de Venise, Vérone, avec ou sans Juliette, n'arrive pas à m'impressionner... 

Et puis on rentre. En dormant, en silence, comme on est partis. Les vacances continuent.

*prénom fictif

par yoshimi publié dans : Sur la route
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Mercredi 13 septembre 2006
Dans l’épisode précédent, il était deux heures du matin, nous étions tous dans un état d’ébriété plus ou moins avancé et nous avions tous commis des actes plus ou moins regrettables que j’ai décrit avec plus ou moins de détail selon les cas.

Maintenant, imaginez qu’il est six heures du matin, que mon réveil vient de sonner et qu’en regardant par la fenêtre de ma chambre, je vois le soleil se lever sur les Alpes. Plus précisément, c’est la vision qui me serait donnée de contempler si je prendrais la peine de jeter un coup d’oeil dehors, mais il ne faut pas pousser le bouchon trop loin : si j’ai mis le réveil à une heure aussi inhumaine, ce n’est pas pour admirer le paysage bucolique, mais parce que j’ai besoin de chaque minute qui me reste jusqu’au départ du car pour préparer mes affaires. La partie la plus sobre de mon cerveau arrive à persuader l’autre que je n’ai pas besoin de prendre un sèche-cheveux pour deux jours à Venise, ce qui me permet de tout mettre dans un sac à dos. Fière de cet exploit, je vais prendre le petit-déjeuner parmi les premiers et à sept heures pile je suis au parking pour monter dans le car. Sauf que le car n’est pas là, mais on va pas s’inquiéter pour autant, il n’y a rien de plus délectable que de discuter dans le froid matinal quand tout l’alcool de la veille n’a pas encore quitté notre corps. Dallas arrive avec un retard calculé de quatre minutes (parce que ca permet d’être là quand les gens commencent à monter dans le car mais pas trop tard pour avoir une bonne place), Bob et Luke quelques minutes plus tard encore, mourant de froid car ils ont jugé inutile de prendre une veste et grincheux car ils n’ont pas suivi l’horaire proposé par Holger et ils n’ont rien dans le ventre. Le car et son chauffeur ne donnent toujours pas de signe de vie et après avoir passé une bonne demie-heure dans le froid, on retourne à l’hôtel, qui pour rattraper le petit-déjeuner, qui pour mettre un deuxième pull au chaud. On est censé nous avertir du départ du car, donc nous attendons tranquillement dans le lobby.

Longtemps.

Tout à coup, les quarante-cinq autres qui ont décidé de braver le froid rentrent aussi. Il y a apparemment eu un problème de communication et le voyage est annulé. Il est alors huit heures du matin et nous avons des places pour le festival de film de Venise pour une heure de l’après-midi. Le voyage en train dure cinq heures, faites le calcul... Désespoir, et un brainstorming furieux s’ensuivent. On ne connaît personne qui a une voiture, la location paraît également compromise, on envisage brièvement de prendre un taxi jusqu’à Venise (250 euros pour l’aller simple) et finalement on se rabat sur le train.

Le train part à 9h03, l'office de tourisme nous dit que jusqu'à 8h30 ils vont nous confirmer définitivement s'ils ne réussissent pas à sauver le coup et faire partir le car, la réceptionniste nous dit qu'il nous faut 10-15 min pour aller jusqu'à la gare, donc tout va pour le mieux. A 8h35 le car est définitivement annulé, à 8h40 on part pour la gare en compagnie de la vigntaine de gens qui se sont dit que s'ils ont un sac à dos tout prêt, il vont faire une petite excursion ferroviaire quelque part, on contrôle donc la situation et tout va pour le mieux.

Sauf qu'on se perd en route.

Quand il devient évident que la route indiquée par la réceptionniste ne mène nulle part, on revient sur nos pas et on demande à un postier par où passer. Sa réponse ("tout droit - c'est de là qu'on vient - ou à droite après les buissons, ca revient au même") n'est pas vraiment pour nous rassurer, mais comme il est 8h58, on n'a pas vraiment le temps de réfléchir et on se met à courir, en tournant à droite après les buissons.

Il s'agit d'une route nationale, pas de trottoir bien sûr, on court comme des malades, il n'y a toujours aucun signe de la gare. Un groupuscule, croyant apercevoir un immeuble à gauche, tourne de nouveau, mais une vieille dame, qui travaille dans les champs à côté, se met à crier dans notre direction en italien et comme on ne comprend rien, elle indique avec de grands signes de main qu'il faut continuer tout droit. On le fait. De loin, on apercoit un train. Pour moi, avec ma veste, deux pulls, sac à dos rempli et ventre retourné, le kilomètre restant paraît une éternité. Le train se met déjà en marche quand on traverse un terrain boueux et une dizaine de voies (ce n'est pas le moment de se préoccuper des passages sous-terrains) pour finalement, hors d'haleine, arriver à monter dedans.

C'est à ce moment-là qu'on s'apercoit qu'il y a un deuxième train juste à côté qui se prépare également à partir.


(to be continued)
par yoshimi publié dans : Sur la route
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Mardi 12 septembre 2006
Je n'ai pas oublié que je vous ai promis des photos de sapin et de toute façon je suis plutôt fière de ma composition, alors voilà une photo que j'ai prise lors de la seule excursion où on m'a convaincu d'aller :

Bon d'accord, c'est beau, mais je suis contente que Bob déteste la montagne. Que rêver de mieux comme excuse pour pouvoir rester confortablement au chaud, boire des capuccinos et parler de films en longueur de journée ?

Je crois que je pourrais m'y habituer.
par yoshimi publié dans : Sur la route
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Lundi 11 septembre 2006

- Holger*, dis donc, demain on doit se lever nettement plus tôt que d’habitude. On s’organise comment ? demanda Bob d’une voix neutre qui trahissait à peine le rire qu’il retenait.

 

 

Holger, à qui on a déjà certainement posé cette question à de nombreuses reprises, réponda avec tout le sérieux que la question méritait :

 

 

- Voyons, le car part à sept heures, on prend le petit-déjeuner à 6h45, on compte un quart d’heure par tête dans la salle de bain pour chacun de vous trois et trois quarts d’heure pour moi. Alors le calcul est simple, je mets le réveil à 5h15. Ca convient à tout le monde ?

 

 

Le « tout le monde » en question – c’est-à-dire Bob, Luke et Bates** qui partagent leur chambre et surtout leur salle de bain avec Holger – se regardèrent en soupirant et hochèrent de la tête. Holger est parti content d’avoir réglé une affaire de plus pendant que les trois autres fixaient leur verre de vin. De longues secondes s’écoulèrent avant que Luke ne répète d’une voix incrédule :

 

 

- Cinq heures et quart ?

 

 

A ce moment-là, nous – car vous vous doutez tout de même bien que j’ai assisté à la scène moi aussi – étions tous pris d’un fou rire incontrôlable. J’ai bien conscience du fait que ce petit extrait de conversation relate mal toute la comique de la situation, mais au fil des jours, le gentil Holger, qui s’est présenté à tout le monde par « Salut, je m’appelle Holger, je passe beaucoup de temps dans la salle de bain  », qui n’a clairement pas menti sur ce coup et qui ressemble énormément à ce que j’appellerais un dandy moderne est devenu une source inépuisable de blagues. Nous avons même inventé le verbe « holgern » et ça nous fait beaucoup rire quand on a un peu bu. Donc souvent, car franchement, pour ce que ça coûte, le vin est plutôt bon…

 

 

Cette scène s’est déroulée vendredi soir devant le centre de conférences de Mittelolang, connu avant tout parce que pour y accéder « il faut tourner à gauche après le deuxième champ de maïs » et parce qu’un verre de vin n’y coûte qu’un euro, ce qui incite les participants blasés des excursions en altitude à y passer un temps considérable. Ce soir-là, le passage de Holger nous a bien lancé sur le chemin d’une nuit de débauche… Nous avons bu du vin rouge jusqu’à ce que le bar n’en serve plus, ensuite Bates – qui est sympa, mais tout de même, il a osé nommer un film militaire avec Tom Cruise dans le rôle principal comme son film préféré… Un point pour le courage d’avoir osé faire ça en la présence de trois cinéphiles un peu snobs sur les bords, moins deux pour le mauvais goût – donc Bates est parti, Bob s’est arrêté pour discuter deux minutes avec notre prof de cinéma, débouchant ainsi sur une de leurs conversations interminables à propos de Twin Peaks et nous nous sommes retrouvés à deux avec Luke sans grand-chose à faire. Ainsi, nous avons continué à boire du vin blanc – conseil aux jeunes qui lisent ces lignes, ne buvez pas, mais si vous ne pouvez pas vous en empêcher, ne le faites en tout cas pas dans cet ordre – et, après que Luke ait eu cette brillante idée, nous avons pris le sucrier posé sur le bar et deux pailles pour boire du sucre jusqu’à ce que le gentil barman nous jette dehors ; il n’était pas très content que tout colle sur notre passage… Puis Luke est rentré, j’ai encore discuté quelques instants avec Bob et le prof avant qu’on prenne le chemin de l’hôtel (à droite après le champ de maïs, donc). Bob m’a assuré le lendemain que je ne marchais pas très droit mais je pense qu’il a tort. Il a aussi dit qu’en rentrant, il a trouvé Luke assis sur son lit en train de rigoler tout seul et sans aucune raison apparente (plus tard on a appris qu’il venait de commander quarante DVDs sur internet), ce qui me paraît nettement plus plausible que l’histoire précédente à propos des choses bizarres que j’ai pu raconter sur le chemin de la maison…

 

A ce point vous pouvez vous demander, avec raison d’ailleurs, qu’est-ce qui distingue cette histoire de toutes les histoires de vendredi soir que vous pourriez me raconter… En fait, pas grand-chose, mais je voulais vous donner un aperçu de l’état dans lequel nous étions quatre heures plus tard quand le réveil a sonné et que nous nous sommes mis en route pour Venise. Cela vous sera utile pour comprendre mieux le pourquoi de certains des évènements qui s’ensuivaient…

 

 

Ce qui, mes très chers, sera une histoire pour un autre jour. Mais nettement plus palpitante, c’est promis !

 

 

*prénom non-fictif

 

**prénom fictif

 

par yoshimi publié dans : Sur la route
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Mercredi 6 septembre 2006

Ce soir, toutes les conditions sont enfin réunies pour que je puisse partager avec vous mes premiéres impressions de mes "vacances" : je n'ai pratiquement rien bu de toute la soirée, il y a de nouveau de la lumière dans la cybercabine claustrophobique de mon hôtel, personne n'attend nerveusement son tour pour pouvoir communiquer avec les êtres aimés laissés derrière soi et l'énorme chat gris qui rôde en général partout semble s'être trouvé une autre victime... Si je pouvais également avoir un clavier francais pour écrire, je serais comblée, mais ce serait presque trop pour un seul soir.

Commencons par le tout début : pourquoi me retrouve-je au bout du monde dans un petit hôtel pittoresque. Une fondation allemande que je ne nommerai pas a organisé une académie d'été pour ses membres les plus assidus et quelques petits étrangers qui s'étaient dit qu'il y a pire comme programme de vancances que de passer deux semaines gratuitement dans les montagnes italiennes et parler de films anciens. Comme moi en gros, sauf que je me suis de mon côté trompée de pays de destination...

Dimanche je suis donc arrivée à Munich à moitié endormie et à moitié morte de peur de devoir parler allemand avec autant de petits génies en herbe (oui parce que quand on est allemand il faut se battre pour ces places, même si cette règle ne s'applique pas aux étrangers). Dans le car qui nous amenait de Munich jusqu'à notre petit village perdu au bout du monde (durée du trajet : quatre heures), mes pires cauchemars sont devenus réalité. Je me suis retrouvée entre une physicienne et un informaticien qui personifiaient à merveille les clichés correspondants et quatre interminables heures de small talk scientifique s'ensuivaient. Je voyais déjà l'avenir dans des nuances de gris plutôt foncées, et la fête de l'église qui battait son plein à notre arrivée (avec des musiciens tyroiens en shorts et tout l'attirail, le sol qui collait tellement on avait renversé de bière, des tables en plein air, etc.) ne promettait pas vraiment des changements bienvenus non plus.

Je commencais à désespérer et même à envisager de me mêler à la foule dansante (qu'on pourrait par ailleurs interpréter comme un signe de désespoir, mais n'allons pas aussi loin). Puis j'ai rencontré Bob*.

Bob et moi, c'était une rencontre providentielle. La deuxième phrase qu'on a échangée (avant même qu'on se présente) nous a conduit à nous lancer à deux à la recherche d'un bar et comme de telles institutions sont inconnues dans ce charmant petit village, ca a débouché sur un tour complet de la région. Le passage difficile d'une introduction timide vers une vraie conversation s'étant effectué même sans qu'on s'en rende compte, on a marché pendant longtemps, soulagé d'avoir trouvé quelqu'un qui était autant sur la même longueur d'onde. Le sentiment partagé de ne pas être à sa place parmi tout ce beau monde y était sûrement pour quelque chose... Pour finir on a trouvé un petit pub dans le village d'à côté et on a passé la moitié de la nuit à discuter autour d'un verre de vin. Je croyais rêver !

Depuis, on passe une grande partie de notre temps ensemble, ayant déjà plus ou moins renoncé à montrer aux gens qu'on n'a pas comme but commun ultime de repeupler l'Europe. Notre début de groupe s'est élargie avec Dallas*, une fille grâce à qui on apprend à connaître de plus en plus de gens intéressantes (je n'ai jamais rencontré quelqu'un d'aussi énergique - en deux jours elle a déjà appris une soixantaine de noms) et Luke* qui rentre d'une année d'échange à Paris et avec qui, comme je l'ai appris ce soir, j'ai des amis communs. Le monde est étonnamment petit hein...

La fille avec qui je pertage mon lit (double, cela va de soi, pas de pensées déplacées s'il vous plaît) veut aller dormir. C'est avec un coeur lourd que je vous dis donc au revoir ce soir.

La prochaine fois, je vous montrerai des photos de sapins et ca vous fera pardonner mon incapacité à écrire des récits de voyage intéressants.

Je croise les doigts en tout cas.



* prénom fictif

par yoshimi publié dans : Sur la route
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Lundi 4 septembre 2006
Voici un petit résumé de mon premier jour loin de la maison :

Préliminairement (oui, je sais que ca ne se dit pas), ce soir j'ai bu deux verres de vin. Vous savez à quoi vous attendre.

...

J'ai traversé un trou de 200m de profondeur et j'ai survécu.

J'ai vu un énorme cafard mutant avec la tête déformée avant de partir. J'ai le pressentiment qu'on va finir comme eux.

Le Tyrol du Sud, c'est en Italie, contrairement à ce que je pensais. En gros, je me suis donc trompée en décrivant le pays de destination de mes vacances, je ne suis pas très fière de moi...

La fête de l'église du village vient de se terminer.

Il y a exactement un bar et ils vendent principalement des glaces.

Le vin, c'est bien. Buvez (avec modération) et multipliez-vous, je veux pas être la seule à prendre du bon temps en ce début d'automne...
par yoshimi publié dans : Sur la route
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